Hommage à Charles Ceccaldi-Raynaud

Hommage prononcé lors de la cérémonie d’enterrement de Charles Ceccaldi-Raynaud, par sa belle-fille, Marie-Sophie.

« Je tiens à rendre grâce au Seigneur de m’avoir donné un beau-père aimant et protecteur. L ‘ Eternel a donné, l’ Eternel a pris, que le Nom de l’ Eternel soit béni. »

Charles Ceccaldi a vu le jour à Bastia. Orphelin de père, il a gardé cette blessure au plus profond de lui.

Son père fut gazé pendant la guerre. Charles Ceccaldi n’avait pas un an.

Ce sentiment d’injustice marquera durablement sa vie et ses engagements.

Charles Ceccaldi-Raynaud n’a pas uniquement eu deux enfants. Il est le Père de milliers de putéoliens dont il a accompagné l’enfance et chaque étape de vie.

Puteaux est une famille.

Son téléphone dans l’annuaire, Charles répondait présent, de jour comme de nuit, aux sollicitations des putéoliens.

Puteaux était sa ville. Puteaux était sa vie.

Sa diligence, son empressement joyeux à servir ses administrés, était de chacun reconnu.

Il aimait servir, sans rechercher son intérêt. Il aimait donner. Il aimait aimer.

Son intelligence aiguisée, il ne l’a jamais utilisée pour dominer l’autre.

Il a fait de la ville de Puteaux, la ville la plus riche de France, par le développement du quartier d’affaires de la Défense. Mais son souci du plus faible, s’est manifesté dans ses choix politiques.

Il a fait de Puteaux une ville où les plus modestes ont eu accès au logement, à la culture, aux vacances, aux séjours linguistique, à l’accompagnement en fin de vie. Il a conçu une cité où les pauvres avaient un riche niveau de vie.

Charles a été un innovateur social, un visionnaire au service des laissés pour compte.

Charles Ceccaldi-Raynaud était animé d’un courage exemplaire. Que nous puissions en être inspirés au quotidien !

Il a toujours su prendre position en faveur des opprimés.

En Algérie, tout juste trentenaire, il a dénoncé la torture. Il a libéré 400 algériens, illégalement détenus au camp de Béni-Messous, mettant sa propre vie en péril.

Il a pris position contre les courants dominants de la SFIO d’alors.

La présence, ce jour, de Brahim Zeddour, descendant de Kacem Zeddour, témoigne toute la reconnaissance du peuple algérien.

Charles Ceccaldi-Raynaud était engagé.

Il est intervenu également en faveur d’ Henri Alleg, auteur respecté du livre « La question ». De son vivant, celui-ci le confia à un élu communiste : « Si je suis en vie, c’est grâce à Ceccaldi ».

Charles Ceccaldi-Raynaud, était caractérisé par une force de la volonté sans pareille. Je l’admirais. Je n’étais pas la seule. Sa puissance de travail, sa rigueur, son intelligence supérieurement habile en ont fait un PHARE dans le paysage politique français. Un phare éclaire. Un phare alerte. Un phare brille dans l’obscurité.

Voilà plus de 15 ans, les médecins lui avaient laissé quelques mois d’espérance de vie. Charles Ceccaldi-Raynaud aimait la vie. Il aimait plus encore aimer les siens.

Jusqu’à 94 ans, chaque jour, il nagé dans la piscine. Il a pris des cours d’anglais avec une Professeur américaine, trois fois par semaine. Il a rédigé un livre intitulé « LA GUERRE PERDUE D ALGERIE ».

Il aimait lire. Mais la lecture ne constituait pas pour lui une simple distraction ! Il prenait systématiquement des notes sur chaque livre, qu’il archivait dans des sous-chemises. Il les rangeait soigneusement dans son armoire. Il aimait les livres d’histoire et également la Bible. Il voulait savoir pourquoi Moïse n’était pas entré en terre promise. Il avait interrogé André Chouraqui sur ce point. Nous avions de longs et ardent échanges sur ces sujets, sur le rôle d’ Elie et Moïse, les deux guides du peuple juif.

Charles Ceccaldi-Raynaud a manifesté un amour authentique pour Jérusalem et Israël, jumelant sa ville avec Gan Yavné.  

Il était ordonné, consciencieux. C’était un apprenant perpétuel. Il aimait découvrir. Il savait s’émerveiller d’une belle fleur, d’un beau texte, d’une jolie voix , et aussi de la fidélité de son King-Charles, qui, inlassablement venait se blottir entre ses pieds, lors du dîner.

Charles Ceccaldi-Raynaud brillait pas son humilité. C’était les autres, avant lui.

Il offrait une égale considération aux précaires et aux élites.

Orateur hors pair, il régalait les assemblées dans lesquelles il prenait la parole. Il a toujours rédigé lui-même ses discours. Il avait une vision. Il avait une vision transcendante de l’équité.

Longtemps agnostique, Charles a reçu la pleine révélation que l’ Eternité nous est ouverte.

Il a placé son espérance dans le sacrifice parfait de Jésus. En lui, et par la repentance, avons la rémission de nos fautes. Charles a été lavé par le sang précieux de Jésus.

Comme Moïse a intercédé pour le peuple juif, Charles a voulu que Jésus soit son avocat, auprès du Père.

Il a su pardonner toutes les offenses qu’il avait eu à subir de son vivant.

Aujourd’hui, nous avons motif à recevoir consolation. Si nous l’aimions, nous devrions même nous réjouir.

Charles Ceccaldi-Raynaud n’est plus orphelin. Il a rencontré son Père Eternel. Le Dieu d’ Abraham, d’ Isaac de Jacob. 

— 
Marie-Sophie Mozziconacci
tous droits réservés.

RépondreTransférer

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s